[3/20] Rush time 1 : Surat Thani à Ao Luk

Je quitte le monastère tôt le matin pour éviter d’avoir chaud. Puis je reprends donc la route en sens inverse, repasse devant l’aéroport et continue vers le centre.
Je profite d’une station service pour me remplir le ventre car le petit-déjeuner n’était pas encore servi au monastère.
Rien de spécial sur cette portion, beaucoup de trafic, moins lorsque je quitte la 4 voies après l’aéroport.

J’arrive tranquillement à l’hôtel que l’on m’avait conseillé dont les deux atouts sont pas cher et piscine !
Le concept de cet hôtel est que les chambres sont construites dans des containers, astucieux !
J’hésitais à prendre un lit en dortoir mais finalement, j’opte pour une chambre un poil plus cher mais plus confortable après avoir dormi presque 15 jours sur le dur.
Repos et baignade toute la journée puis je réserve une autre nuit car je pensais aller à l’immigration pour me renseigner sur le renouvellement de visa mais j’ai préféré me prélasser !

Le lendemain matin, je pars donc en quête de l’Office d’immigration situé à l’extérieur de la ville. Je m’y rends à vélo lorsque sur la route, un autre cycliste m’interpelle à un feu.
Je m’arrête et il me propose d’aller boire un café sur la route que j’avais prévu.
Après 20 min à chercher, nous trouvons un restaurant. Pas de café ou thé (premier étonnement, les Thaïs n’ont pas du tout la culture du thé) mais un petit déjeuner complet.

On se présente chacun, il s’appelle Arnold, néerlandais d’une cinquantaine d’année. Il traverse l’Asie pendant 3 mois avant de retourner en Europe.
Je lui parle également de mon parcours et me donne quelques conseils sur l’Asie et aussi pour les cartes GPS. Une application gratuite sur laquelle on peut tracer et télécharger les cartes de chaque pays hors ligne, très utile dans les coins pommés.

Je lui parle également de mon visa et de la raison pour laquelle j’allais à l’immigration. Il me dit qu’il n’est pas nécessaire que j’aille à celui de Surat Thani, il y en a partout dans le pays. Finalement, j’abandonne l’idée d’y aller.

Lorsqu’on s’est croisé, il cherchait un autre hôtel car il n’avait pas trop de plan pour la journée. Je lui propose de me suivre jusqu’au mien.
On a pu prendre ce café et finalement il décida de rester une nuit ou deux ici.
Il me conseille de prendre mon temps car il reste encore une quinzaine de jours sur mon visa.
Pourquoi je suis autant stressé pour ce visa ?

C’est à partir de ce moment là que le rush commence !
À peine 2 jours après ma retraite, je repars le lendemain matin tôt vers 6h30.
Je croise Arnold qui voulait me souhaiter un bon voyage. Il est surpris par mon package, surtout comparé au sien !
Il a seulement 2 sacoches à l’arrière et moi 5…
Je dois me trimballer tout le matériel de camping et les vêtements chauds d’hiver.
Il me conseille de me renseigner pour envoyer par la poste certaines choses. Très bon conseil !

Je mets plus d’une heure pour sortir de la ville, dont au moins 40 min à retrouver ma route. Et je tombe évidemment dans les bouchons.
Pour traverser la 4 voies, il n’y a pas de pont ici, seulement des « U-turn » : des ouvertures au milieu pour faire un demi-tour.
Je dois donc m’insérer de la voie de gauche à celle du milieu dans un sens puis d’en l’autre pour enfin sortir de la 4 voies.
Mission périlleuse et très dangereuse. Moment stressant et une fois de l’autre côté, je souffle et regarde si je suis bien entier…

Après cette épreuve, je m’arrête pour un petit-déjeuner et reprends la route principale. Après une heure, je commence à emprunter les routes secondaires et le trafic devient beaucoup plus calme.
Peu de dénivelé sur cette portion et je trouve un rythme agréable.

Vers midi, je tombe sur un village où je m’arrête manger. Un restaurant familial accueillant, où je peine à expliquer ce que je souhaite pour manger. Finalement le propriétaire, parlant un peu anglais, me dit qu’il va me préparer un plat spécial.
Et ce fut un très bon repas en effet !
Le propriétaire était tellement content d’accueillir un cycliste étranger et nous avons fait la traditionnelle photo !

C’est avec un ventre bien rempli et un moral au top que je repars. Je ne suis qu’à la moitié de mon parcours soit 50 km environ sur les 100 km prévus.

Le long de la route, lorsque je croise des scooters ou des gens, je reçois toujours un sourire ou un “Hello!”. Il y en a même qui me suivent et tape la discute côte à côte, sur la route, heureux de pouvoir parler anglais.

Après une heure de pédalage, la chaleur se fait sentir, je bois constamment de l’eau et je n’ai jamais autant sué de ma vie ! Je décide de faire une pause dans un abri sur le long de la route.
Il y en a assez souvent, parfois utilisé comme stand pour vendre des fruits, parfois comme abri de pluie.

Pour l’eau, il faut savoir qu’il est très fortement déconseillé de boire l’eau du robinet. J’achète donc des bouteilles d’eau tout au long de la journée. Mauvaise note pour l’environnement, surtout qu’il n’y a pas ou peu de recyclage, et c’est loin d’être la préoccupation des gens malheureusement. Il est étonnant de constater l’impérialisme de Nestlé dans ce pays : eau, nourriture, sponsor de restauration.

La dernière portion est plus difficile, fatigue, un peu plus de dénivelé, le soleil qui brûle la peau et 20 min avant d’arriver à l’hôtel, une grosse pluie ! Ça fait du bien de la fraîcheur, par contre j’arrive trempé haha !
L’accueil à l’hôtel est un peu froid, et le prix relativement élevé (500 baht) mais j’ai une chambre et une douche, c’est le principal.
Repos et bon repas pour le dîner avant d’aller me coucher, je m’endors comme une masse après avoir parcourus ces 100 premiers kilomètres et bu environ 6 litres d’eau.

Ma première option était de rejoindre Krabi en 2 jours mais finalement, je change mes plans et décide de faire un stop à Ao Luk, à environ 50 km.

Nouvelle journée ensoleillée, je repars tôt le matin une nouvelle fois, le moral et le physique ne sont pas totalement reposés après la grosse journée d’hier.

À mi-chemin, lors de ma pause, un cycliste s’arrête également.
Mr. Green est Thaï, originaire de Bangkok, il fait pas mal de compétition sur route et aussi du trail en montagne.
Il fait la route jusqu’à Krabi mais avec un simple VTT.
Nous décidons de faire l’autre moitié de la route ensemble malgré nos rythmes différents.

Une fois arrivé à Ao Luk, nous déjeunons ensemble. Il me commande un plat un peu trop épicé mais je finis tout de même. Pour finir, il paye le repas, trop sympa !
On se sépare ici, moi je pars vers la guesthouse situé au centre.

Arrivé à la guesthouse Baan Suan Thip Homestay, je fais la rencontre de Tan, la tenancière. Elle me propose de faire une visite aux alentours avec Den, son neveu.
Je prends d’abord une bonne douche et du repos.
Ensuite, je rencontre Den. Les deux parlent très bien anglais, ça fait plaisir de partager du temps avec eux.

Malheureusement la météo n’est pas bonne, à la place Tan me propose un massage Thaï. J’avoue que j’en ai besoin, surtout au niveau des jambes. Aussitôt dit, aussitôt son amie arrive !
J’ai un peu souffert durant ces 2 heures de massage mais quel plaisir d’avoir les muscles relâchés !

En fin de journée, Den vient à ma rencontre pour me proposer une soirée avec ses amis, pour partager un moment en musique.
Je lui dis que je peux les accompagner avec mon djembé. Suite à ça, il me dit qu’il est à la recherche d’un djembé depuis plusieurs mois pour son fils, soit trop cher soit impossible à trouver.

Tout de suite, sans réfléchir, je lui dit que je cherchais à me séparer de mon djembé, trop encombrant sur le vélo, et que je comptais le revendre ou le donner.
Ni une, ni deux, je lui offre mon djembé car encore une fois, il n’y a pas de coïncidence. Si je suis passé ici, c’est pour une bonne raison !

Et il me dit que c’est son anniversaire, 30 ans ! Haha
Il est tellement heureux et moi avec, car ce don m’allège et ça me fait profondément plaisir, je sens que c’est une belle personne.
La vie est toujours bien faite, même si parfois on peut croire qu’elle est injuste.

Finalement, il passe me prendre plus tôt pour aller dîner avec sa femme, son fils et sa mère.
Belle soirée en perspective 🙂
Après un copieux repas à l’extérieur de la ville, il dépose sa petite famille et nous allons rejoindre ses amis.
Den est propriétaire d’un petit bar et de quelques bungalows à louer.

Il est aussi très actif sur le développement du tourisme autours d’Ao Luk en tant que bénévole. Il est vraiment passionné et généreux. Malgré qu’il vit avec très peu, parfois il fait appel à ses amis, il est heureux dans sa vie.

Et dans le groupe, un français (breton plus précisément) !
Nous passons la soirée à chanter accompagné de guitare et djembé, discuter un peu, boire du rhum thaïlandais.
Ahh quel plaisir, je me sens comme en vacances avec des amis !

Je rentre tranquillement (les quelques verres de rhum sont encore là…) avec Den en moto jusqu’à l’hôtel et je m’endors profondément.

Photos : Surat ThaniBang SawanBaan Suanthip Homestay